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Incidence des agonistes du GLP-1 sur la stratégie des régimes d’assurance médicaments

partenaires3 minutes16 juin 2026

Peu de catégories de médicaments ont poussé les employeurs à revoir leur stratégie en matière d’avantages sociaux aussi rapidement que les agonistes du GLP-1.

Pour de nombreux promoteurs de régime, les premiers défis sont apparus lorsque ces médicaments, approuvés par Santé Canada pour le traitement du diabète, ont commencé à être prescrits pour la gestion du poids. Les ordonnances ont alors augmenté rapidement, sans nécessairement correspondre à l’usage approuvé. Les assureurs et les promoteurs de régime ont dû réagir rapidement pour s’assurer que les demandes de règlement liées à ces médicaments concernaient bel et bien le diabète, ou que les contrôles appropriés étaient en place dans leurs régimes. Puis, l’arrivée de Wegovy comme traitement approuvé pour la gestion du poids a changé la donne. Les employeurs entendent maintenant aussi parler d’applications possibles pour les maladies chroniques, l’inflammation, la santé cardiovasculaire, la santé rénale, le traitement des dépendances et d’autres indications thérapeutiques.

Le message pour les promoteurs de régime est clair : les agonistes du GLP-1 ne sont peut-être pas une simple tendance passagère. Ils s’inscrivent en effet dans une transformation beaucoup plus vaste de la façon dont les maladies chroniques pourraient être traitées, prises en charge et financées dans le cadre des régimes d’assurance médicaments des employeurs.

Cette transformation soulève un enjeu de taille.

Qu’attendez-vous de votre régime d’assurance médicaments?

Les employeurs gèrent depuis des années leur régime d’assurance médicaments à l’aide de la substitution des médicaments génériques, de l’autorisation préalable, de plafonds, de listes de médicaments couverts, de la mise en commun et d’examens de renouvellement. Ces outils ou mécanismes demeurent pertinents, mais les agonistes du GLP-1 posent un défi plus « stratégique », puisqu’ils touchent simultanément aux coûts, à la santé des employés, à la prise en charge des maladies chroniques, à la productivité, au risque d’invalidité et à la pérennité des régimes.

Malgré l’arrivée récente au Canada des versions génériques des agonistes du GLP-1, ces médicaments demeurent coûteux. Ils sont très populaires et, pour certains employés, ils peuvent avoir d’importants bénéfices cliniques. Cela dit, leur efficacité à long terme peut nécessiter un accompagnement multidimensionnel, notamment en ce qui concerne les habitudes de vie et les comportements.

Les promoteurs de régime doivent donc faire plusieurs choix.

Ils doivent d’abord se demander si le régime devrait couvrir les GLP-1 uniquement pour le diabète ou s’étendre également à la gestion du poids lorsqu’ils sont approuvés à cette fin. Certains régimes continuent de considérer les médicaments destinés à la perte de poids comme des traitements liés au mode de vie, mais cette position devient de plus en plus difficile à défendre, car l’obésité est de plus en plus reconnue comme étant une maladie complexe liée à d’autres risques pour la santé.

Ensuite, les promoteurs de régime doivent se demander quels contrôles doivent être mis en place si la couverture est élargie. Ils peuvent envisager l’autorisation préalable, des critères cliniques précis, la pharmacothérapie par étapes, des plafonds annuels ou encore des modèles d’accès contrôlé. L’objectif demeure le même : favoriser l’utilisation appropriée des médicaments.

Enfin, les promoteurs de régime doivent s’interroger sur le soutien complémentaire dont les patients auront besoin pour maximiser leurs chances de réussite. Les agonistes du GLP-1 peuvent avoir des effets secondaires. Certains utilisateurs abandonnent le traitement, tandis que d’autres cessent de les prendre une fois qu’ils ont atteint leur objectif de poids. Dans le cas des employés qui utilisent ces médicaments dans le cadre d’une démarche de gestion du poids ou parce qu’ils souffrent d’une maladie chronique, le médicament n’est souvent qu’une des composantes de leur traitement. Un soutien nutritionnel, de l’accompagnement personnalisé, des ressources en santé mentale et des programmes d’éducation sur les maladies chroniques peuvent améliorer les résultats obtenus.

C’est ici que la stratégie du régime prend toute son importance.

Un employeur peut tout simplement décider de couvrir ou non ces médicaments, mais il peut également se demander comment l’accès aux traitements, le contrôle des coûts et les résultats sur la santé des employés s’articulent entre eux. Il peut par exemple choisir de couvrir les médicaments pour la gestion du poids jusqu’à un plafond annuel déterminé, tout en surveillant leur utilisation. En procédant ainsi, l’employeur permet à ses employés d’accéder au traitement, il établit un cadre budgétaire clair et il se donne le temps d’évaluer les résultats du régime avant d’envisager des engagements plus importants.

Un autre employeur pourrait décider de couvrir les agonistes du GLP-1 pour certaines indications médicales seulement, tout en investissant dans les programmes de prévention, de gestion du diabète et de mieux-être.

Un troisième employeur pourrait adopter une approche de prise en charge des maladies chroniques plus globale, en associant la couverture des médicaments à de la formation, à des ententes avec des pharmacies privilégiées, à des outils de santé numériques et à des communications destinées aux employés.

Il n’existe pas de solution unique, et la meilleure approche dépendra de la main-d’œuvre, du budget, de la philosophie en matière d’avantages sociaux et de la tolérance au risque de l’employeur.

Ce qui pose problème, c’est l’absence de stratégie ou de plan.

En l’absence d’orientation claire à l’égard des agonistes du GLP-1, les résultats du régime finiront par dicter les décisions de l’employeur. Les coûts pourraient augmenter avant même que l’employeur n’ait pris position, les employés pourraient recevoir des messages contradictoires et les équipes des Ressources humaines pourraient se retrouver à devoir expliquer constamment une couverture dépourvue de vision d’ensemble cohérente.

Au-delà des GLP-1, une réflexion plus approfondie s’impose. La gestion efficace d’un régime d’assurance médicaments ne se limite plus à la simple réduction des coûts. Les promoteurs de régime doivent en effet aussi déterminer où un investissement en santé peut se traduire par des gains durables à plus long terme. En ce qui concerne les maladies chroniques, un traitement précoce et efficace peut avoir des répercussions qui vont bien au-delà du budget consacré aux médicaments. Il peut en effet avoir une incidence sur l’absentéisme, la durée des invalidités, la productivité, l’engagement des employés et leur capacité à rester en santé et à continuer de travailler. Ces bénéfices sont plus difficiles à mesurer qu’un rapport mensuel sur les demandes de règlement, mais ils n’en sont pas moins importants.

Il ne faut pas croire pour autant que tous les employeurs doivent proposer une couverture sans restriction. La pérennité financière du régime demeure cruciale, car un régime qui n’est pas viable à long terme ne sert personne. En revanche, les GLP-1 méritent d’être analysés sous un angle stratégique plutôt que comme une simple réaction à une hausse des coûts.

Un bon point de départ consiste à passer en revue le régime d’assurance médicaments actuel. Qu’est-ce qui est couvert en ce moment? Qu’est-ce qui est exclu? Quelle est l’approche à l’égard des médicaments pour le diabète, la gestion du poids et les maladies chroniques? Quelles sont les règles d’autorisation préalable? Quels contrôles permettent de déterminer l’admissibilité des nouveaux médicaments? Que révèlent les données sur les demandes de règlement? Comment devra-t-on communiquer aux employés les changements apportés au régime, s’il y a lieu?

Les réponses à ces questions doivent ensuite être examinées à la lumière de la philosophie de l’employeur en matière d’avantages sociaux. Souhaite-t-il que son régime soit axé sur les problèmes de santé graves, sur l’accessibilité financière, sur la prévention, sur son positionnement concurrentiel en tant qu’employeur, sur le soutien aux familles ou encore sur la santé à long terme des participants?

Avec l’arrivée des agonistes du GLP-1, il devient encore plus difficile d’éluder ces questions. En revanche, ces médicaments offrent une belle occasion de réflexion. Les employeurs qui abordent cette nouvelle réalité de façon réfléchie peuvent structurer leur régime d’assurance médicaments autour d’une stratégie claire, cohérente, solide, humaine et durable.

Avez-vous besoin d’aide pour adapter la stratégie de votre régime d’assurance médicaments aux GLP-1 et aux nouvelles tendances thérapeutiques? Communiquez avec nous pour amorcer une réflexion sur la mise en place d’un régime viable qui vise à promouvoir la santé des employés, tout en assurant une gestion rigoureuse des coûts et des risques.