Les maladies chroniques : un enjeu à considérer dans la conception de votre régime d’avantages sociaux
:quality(80))
De nombreux régimes d’avantages sociaux reposent sur une vision dépassée de la santé des travailleurs. À l’époque, les employés entraient pour la plupart sur le marché du travail en bonne santé, et les maladies chroniques étaient plutôt associées au vieillissement. Les régimes servaient principalement à couvrir les médicaments occasionnels, les soins dentaires de base ou les problèmes de santé imprévus.
Cette approche ne reflète plus la réalité de nombreux milieux de travail au pays.
Puisque les maladies chroniques apparaissent plus tôt que par le passé, des employés peuvent commencer un nouvel emploi tout en vivant déjà avec le diabète, une maladie auto-immune, un problème de santé mentale ou une autre affection. Au fil de leur carrière, ils peuvent également devoir composer avec plusieurs problèmes de santé.
Pour les promoteurs de régime, les maladies chroniques représentent désormais un enjeu bien réel, qui ont des répercussions sur le coût des avantages sociaux, l’absentéisme, les invalidités et la planification des effectifs.
Voir au-delà de l’assurance médicaments
Une maladie chronique peut d’abord apparaître dans les données du régime sous la forme d’une demande de règlement d’assurance médicaments, mais cette information ne représente qu’une partie de la réalité. Lorsqu’une affection n’est pas bien prise en charge, elle peut se répercuter sur l’assiduité, le niveau d’énergie, la concentration et la productivité des employés, ainsi que sur la durée ou la probabilité des congés d’invalidité. Elle peut aussi interagir avec d’autres problèmes de santé, évoluer ou entraîner des complications, ce qui complique davantage le parcours de l’employé et peut alourdir les coûts pour l’entreprise.
La santé mentale est un très bon exemple, car un problème de santé mentale peut constituer un problème de taille en soi, tout en influençant la façon dont une personne gère son diabète, sa douleur chronique, une maladie auto-immune ou une autre affection. À l’inverse, les exigences liées à la gestion d’une affection physique peuvent accroître le stress et nuire au bien-être psychologique.
Les promoteurs de régime ne devraient donc pas évaluer les maladies chroniques uniquement sous l’angle du coût des médicaments. Ils doivent plutôt considérer l’ensemble du parcours de santé de leurs employés.
Le diabète : un exemple de l’évolution des coûts
Le diabète illustre bien pourquoi il est essentiel d’adopter une perspective à long terme dans la gestion des avantages sociaux. Sa prise en charge peut nécessiter des médicaments, des dispositifs de surveillance, un suivi clinique et l’ajustement continu du traitement. Les employés diabétiques pourraient devoir prendre de nouveaux médicaments dans le cadre de leur traitement, en plus de ceux qu’ils prennent déjà. La surveillance continue ou intermittente de la glycémie peut aider les employés à mieux gérer leur état de santé, tout en entraînant des coûts supplémentaires pour le régime.
Parallèlement, un soutien adéquat favorise une meilleure santé, aide les employés à demeurer au travail et réduit le risque de complications. Cette réalité soulève un défi budgétaire : il peut être nécessaire d’investir davantage aujourd’hui pour favoriser de meilleurs résultats de santé à long terme. Les coûts liés aux maladies chroniques devraient donc être considérés comme un investissement dans la santé des employés, plutôt que comme une simple dépense à réduire.
Analyser d’abord les données actuelles
Vos données constituent le meilleur point de départ pour mieux comprendre les besoins de vos employés. Les promoteurs de régime devraient examiner les problèmes de santé les plus répandus dans leur entreprise et comparer les résultats à ceux observés parmi l’ensemble des travailleurs. Les demandes de règlement d’assurance médicaments et d’assurance soins médicaux, les données sur l’invalidité, les tendances en matière d’absences de courte durée, le recours au programme d’aide aux employés et la participation aux activités de mieux-être peuvent tous contribuer à dresser un portrait plus complet.
Aucune source de données, à elle seule, ne fournit toutes les réponses. Les demandes de règlement d’assurance médicaments peuvent indiquer qu’un traitement est utilisé, sans toutefois révéler si l’état de santé de la personne s’améliore. Les données sur l’invalidité peuvent révéler des absences prolongées, sans pour autant expliquer l’ensemble du contexte médical sous-jacent. Quant aux données sur les absences ponctuelles, elles peuvent révéler certaines tendances avant même qu’elles ne donnent lieu à une demande de règlement. L’objectif consiste donc à repérer les risques à l’échelle de l’entreprise et à déterminer où la structure du régime, la sensibilisation des employés ou l’accès au soutien doivent être améliorés.
Privilégier la prise en charge, pas seulement le traitement
Traditionnellement, la conception des régimes d’avantages sociaux s’articule surtout autour d’une question : un médicament ou un service est-il couvert? Dans le cas des maladies chroniques, il faut aller plus loin et se demander si le régime aide réellement les employés à bien gérer leur état de santé. Le soutien peut prendre différentes formes, dont l’accès aux médicaments appropriés et aux outils de suivi nécessaires, les soins virtuels, le soutien en santé mentale, l’accompagnement en matière de santé, les activités éducatives et les séances d’information, les plateformes de mieux-être numériques, ainsi que l’accès à des ressources fiables et à des services complémentaires.
Le dépistage précoce joue également un rôle important. Les initiatives qui encouragent les employés à mieux connaître leurs données de santé personnelles peuvent les aider à détecter un problème dont ils n’étaient pas conscients ou à constater qu’une affection existante est moins bien maîtrisée qu’ils ne le croyaient. Le suivi de certains indicateurs, comme la pression artérielle, peut les inciter à consulter plus tôt et à obtenir les soins et le soutien requis.
Le régime peut ensuite aider les employés à accéder aux ressources qui facilitent la prise en charge de leur maladie au quotidien. Les besoins varient d’une personne à l’autre : certains préféreront l’accompagnement en matière de santé ou les plateformes de mieux-être numériques, d’autres la formation ou l’information personnalisée.
Il ne s’agit pas d’orienter tous les employés vers une seule solution, mais plutôt de proposer différentes options pour les aider à repérer les risques plus tôt, à mieux comprendre leur état de santé et à accéder au soutien dont ils ont besoin.
Protéger la confidentialité tout en rendant le soutien accessible
Les employeurs ne devraient pas s’attendre à ce que les employés divulguent leurs diagnostics. Certaines personnes seront à l’aise de partager des renseignements sur leur santé lorsqu’elles demandent une mesure d’adaptation ou doivent expliquer l’utilisation d’un dispositif médical visible. D’autres préféreront garder ces renseignements confidentiels. Les communications sur vos avantages sociaux doivent donc tenir compte de ces deux réalités.
Les employés doivent pouvoir trouver facilement les ressources qui leur sont offertes sans avoir à expliquer leur état de santé à leur supérieur. De leur côté, les gestionnaires doivent savoir comment orienter les employés vers les ressources appropriées, sans avoir à poser de questions indiscrètes. L’entreprise devrait également rappeler que les ressources peuvent être utilisées avant qu’un problème de santé ne devienne une urgence.
Faire connaître les ressources offertes ne signifie pas demander aux employés de divulguer des renseignements sur leur état de santé.
Fonder les décisions sur la philosophie en matière d’avantages sociaux
Les maladies chroniques continueront de poser des défis aux promoteurs de régime. Les nouveaux traitements peuvent améliorer la prise en charge des maladies, mais ils peuvent aussi faire augmenter les coûts. Un plus grand nombre d’employés pourraient avoir besoin de soutien à long terme, et les besoins en santé physique et mentale continueront de se recouper.
Dans ce contexte, une philosophie claire en matière d’avantages sociaux peut servir de cadre pour orienter les décisions. L’entreprise veut-elle privilégier le soutien aux personnes vivant avec des problèmes de santé graves ou chroniques? Cherche-t-elle avant tout à aider les employés à rester en santé et à demeurer au travail? Comment concilier les coûts à court terme avec les répercussions à plus long terme sur l’assiduité, l’invalidité et les résultats de santé?
Lorsqu’on a répondu à ces questions, les décisions relatives à la structure du régime deviennent beaucoup plus cohérentes.
L’employeur peut toujours recourir à des mécanismes de contrôle des coûts, comme l’autorisation préalable, les plafonds de remboursement, les réseaux de fournisseurs privilégiés, les listes de médicaments gérés ou d’autres mesures pertinentes, mais ces leviers devraient s’inscrire dans une stratégie clairement définie, et non être appliqués en réaction à la hausse des demandes de règlement.
Vous voulez mieux comprendre les répercussions des maladies chroniques sur votre régime d’avantages sociaux et vos employés? Nous pouvons vous aider à analyser vos données, à repérer les risques émergents et à élaborer une stratégie qui favorise la santé des employés, tout en maîtrisant les coûts à long terme. Communiquez avec nous pour entamer la conversation.
:quality(80))
:quality(80))
:quality(80))