La maîtrise des coûts en temps de crise : pleins feux sur la COVID-19 et les meilleures pratiques en matière d’avantages sociaux

La maîtrise des coûts en temps de crise : pleins feux sur la COVID-19 et les meilleures pratiques en matière d’avantages sociaux

En cette période où la COVID-19 fait les manchettes quotidiennement, les administrateurs et les promoteurs de régime d’avantages sociaux observent un virage important dans les nouvelles tendances en matière de régimes collectifs. Bien que la popularité de certains services soit en hausse, par exemple les soins de santé virtuels et les pharmacies numériques, de nombreuses organisations ont été contraintes de prendre des mesures de réduction des coûts, et ont vu là l’occasion de réviser en profondeur leur régime d’avantages sociaux.

Dans bien des cas, la réaction initiale est de modifier la structure du régime; cependant, il n’est pas nécessaire de diminuer la couverture pour réduire les coûts. Un conseiller en régimes d’assurance collective pourra suggérer d’autres mesures tout aussi efficaces.

Spectre de la maîtrise des coûts

Pour maîtriser les coûts

Certaines modifications apportées aux régimes d’assurance collective sont très efficaces et peu perturbatrices, tandis que d’autres ont un effet très négatif sur la satisfaction des employés.

Pour maîtriser les coûts, la meilleure pratique est d’opter pour des mesures qui se situent dans la partie gauche du spectre. On peut, par exemple, changer le mode de provisionnement et passer à un régime à services administratifs seulement, introduire une liste de médicaments gérés ou encore faire une analyse approfondie de l’utilisation des médicaments. Ensuite, il y a les mesures qui permettent aux employeurs de réaliser quelques économies sans réduire la satisfaction des employés, par exemple négocier des frais d’administration avantageux et des garanties de taux à long terme ou introduire les services d’une pharmacie numérique.

Dans la partie droite du spectre, on trouve les mesures qui ont les plus grandes répercussions sur les employés et qui sont à éviter dans la mesure du possible. Même si elles permettent de réduire les coûts, certaines de ces mesures ne devraient être prises qu’en dernier ressort; c’est le cas entre autres de la réduction des garanties. Certains promoteurs pourraient par exemple réduire le montant de l’assurance vie à une fois le salaire au lieu de deux, hausser le montant des franchises ou réduire le pourcentage de remboursement des soins médicaux et des soins dentaires, ou imposer un montant maximum pour le remboursement des médicaments. D’autres mesures sont à éviter, car elles déplaisent aux employés qui se sentent lésés et elles ont peu d’effets sur les coûts. Par exemple, on peut diminuer le nombre d’unités de détartrage ou la fréquence des examens de rappel, éliminer les frais d’hospitalisation en chambre à deux lits ou à un lit, ou réduire les maximums de l’assurance soins dentaires.

Six bonnes pratiques pour maîtriser les coûts

1. Changer le mode de provisionnement des garanties soins médicaux et soins dentaires

Bien des employeurs ignorent qu’ils peuvent souscrire différents types de garanties soins médicaux et soins dentaires. Parmi les plus populaires, on trouve les garanties assurées : l’employeur paie un tarif fixe pendant une période déterminée (habituellement 12 mois). Quelles que soient les demandes de règlement présentées pendant cette période, la prime ne varie pas. Toutefois, les tarifs de ces régimes sont souvent élevés et permettent à l’assureur de dégager un profit. Si les règlements augmentent, les primes bondissent généralement l’année suivante.

De plus en plus d’organisations optent pour un régime à services administratifs seulement (SAS), dans le cadre duquel elles assument le coût des règlements courants et versent des frais d’administration raisonnables. Elles souscrivent aussi une assurance des excédents de pertes qui couvre le montant des règlements importants d’assurance médicaments en sus d’un montant déterminé (le plus souvent environ 10 000 $ par année et par employé). En passant à un régime SAS, les employeurs obtiennent habituellement une réduction permanente des coûts.

Fait intéressant, pendant la période du 3 mars ou 30 avril 2020, les règlements d’assurance soins médicaux et soins dentaires ont chuté[i]. Pour les clients qui avaient déjà un régime SAS, l’incidence de la COVID-19 sur les coûts a été encore plus marquée.

2. Sonder le marché pour vos garanties mises en commun

Après avoir opté pour un régime SAS pour vos garanties soins médicaux et soins dentaires (et maximisé les économies), vous pouvez envisager d’autres mesures susceptibles de vous faire réaliser des économies, par exemple sonder le marché pour ce qui est de vos garanties vie et ILD. Les assureurs canadiens se livreront une concurrence farouche pour vous offrir des tarifs compétitifs. Vous devriez viser une économie de 10 % à 20 % sur les garanties mises en commun, telles que les assurances vie et ILD, ainsi qu’une garantie des taux à long terme.

3. Gérer le risque

Il est important de comprendre le risque inhérent à votre garantie soins médicaux. Le risque assumé par les promoteurs de régime découle majoritairement de la couverture illimitée des médicaments. La plupart des régimes prévoient un plafond pour toutes les autres garanties (par ex., 500 $ par année pour les honoraires de massothérapeute, etc.). Vous devez donc veiller à avoir une assurance de premier ordre, surtout pour ce qui est des demandes importantes de remboursement de médicaments. En adoptant les meilleures pratiques de gestion des risques, vous pouvez réduire considérablement vos coûts globaux tout en veillant à ce que la couverture des employés ne soit pas affectée.

Trois stratégies permettent de réduire le risque :

  1. améliorer la qualité de votre assurance des excédents de pertes, en fixant un seuil par certificat et non par participant;
  2. ajouter un maximum à l’assurance médicaments, par exemple un maximum de 10 000 $ par année pour les médicaments d’ordonnance;
  3. laisser d’autres payeurs prendre en charge les médicaments à coût élevé :
    • régimes des conjoints des participants;
    • fabricants de médicaments;
    • gouvernements provinciaux.

4. Ajouter un programme de mieux-être

Les invalidités évitables sont la principale cause de perte de productivité pour les employeurs canadiens. Si les invalidités, les blessures et les maladies chroniques sont moins nombreuses au sein de votre personnel, le coût de votre garantie soins médicaux sera moins élevé. Parmi les employeurs qui offrent un programme de mieux-être élaboré, plus de la moitié ont constaté une diminution de l’absentéisme et 66 % ont enregistré une hausse de la productivité. En offrant des programmes d’information, d’accompagnement et d’encouragement en matière de santé, vous pouvez avoir une incidence directe sur vos coûts futurs.

5. Utiliser des réseaux de fournisseurs privilégiés (RFP)

Les RFP sont des fournisseurs et des détaillants que l’employeur recommande, parce qu’ils offrent à ses participants des services à valeur ajoutée ou parce qu’ils lui permettent de réduire ses coûts, ou les deux. Demandez à votre conseiller une liste des RFP associés à vos assureurs actuels et à d’autres assureurs. Informez vos employés sur les avantages de ces RFP afin de les encourager à agir en consommateurs avisés et de réduire vos coûts à long terme.

6. Évaluer votre cabinet d’experts-conseils en avantages sociaux

Parfois, les organisations s’appuient sur les conseils de personnes qui ne sont pas des experts dans le domaine, comme des courtiers ou des conseillers qui sont plutôt spécialisés en planification financière ou en assurance des entreprises. Même si vos experts-conseils sont spécialisés en assurance collective, il est utile d’évaluer l’approche d’autres acteurs importants du marché.

En faisant une analyse approfondie de votre régime d’assurance collective, vous découvrirez que de nombreuses possibilités s’offrent aux organisations qui tentent de réduire leurs coûts sans incidence négative sur les employés. Un conseiller en avantages sociaux expérimenté et digne de confiance peut vous faire économiser beaucoup de temps et d’argent en recommandant et en mettant en œuvre les solutions qui conviennent à votre situation particulière. 

Rédigé par Jeffrey Stinchcombe, associé à La Corporation People.


[i] SécurIndemnité